Communiqué de presse

 

23/11/2021

Des personnes accusent l’association Projet Bob – La Bobine de protéger des auteurs de violences sexistes et sexuelles.

Nos partenaires, notre public et nos adhérent·e·s ont été perturbé·e·s par ces accusations et c’est évidemment légitime. Même si nous n’avons pas communiqué publiquement jusqu’alors, nous avons pris et prenons ces accusations très au sérieux et nous souhaitons aujourd’hui éclairer les faits et rendre publique notre position en tant qu’association.

Nous avons eu connaissance de faits de violences sexistes et sexuelles qu’aurait commis l’un de nos salariés dans le cadre de sa vie privée. En tant qu’employeur, nous n’avions aucun moyen d’action sur ces faits. Nous présentons nos excuses pour notre manque d’action, démunis pour agir légalement dans ce cas précis. Nous prenons acte de la gravité des faits et comprenons la légitime colère des victimes. Nous savons qu’elles n’ont d’autre choix que de crier pour se faire entendre.

Nous avons récemment eu connaissance de faits survenus, cette fois, dans l’enceinte de l’association. En dépit de notre sincère engagement pour l’égalité de genres, nous n’étions pas préparé·e·s à vivre une situation d’une telle gravité. Nous avions mis en place des actions de prévention à l’attention des publics mais nous n’avions pas suffisamment conscience de l’urgence de former nos équipes à décrypter les situations de violences et à agir en conséquence.

Toutefois, lorsque nous avons été alerté·e·s de ces derniers agissements, nous avons pris des mesures fermes pour qu’ils cessent, et avons ouvert une enquête interne. Nous avons également choisi de faire appel à des ressources extérieures pour trouver les leviers d’action et sortir de cette crise. Nous avons fait le choix de réagir dans un cadre légal qui impose parfois de garantir la confidentialité. La Bobine est consciente que cela peut donner un sentiment d’inaction ou que nous dénigrons les victimes mais c’est la condition d’une réponse qui ne pourra pas être contestée par la personne mise en cause.

Nous avons le devoir, en tant qu’employeur et en tant que structure, de faire cesser toute forme de harcèlement moral ou sexuel au sein de la Bobine. Nous avons, à ce jour, pris les mesures nécessaires pour faire cesser les faits qui ont été portés à notre connaissance en mettant fin à notre collaboration avec toute personne qui s’en est rendue auteur.

Afin de répondre efficacement à ces situations dramatiques et afin de protéger les victimes de faits de violences sexistes et sexuelles, nous avons souhaité engager un plan d’actions pour prévenir et traiter les violences sexistes et sexuelles et prendre pleinement les responsabilités qui sont les nôtres en tant qu’association employeuse et organisatrice de spectacle :

  • formation des équipes salariées et bénévoles
  • désignation d’un·e référent·e au sein du CSE
  • dispositif de signalement pour les salarié·e·s et les publics
  • mise en place d’un protocole interne de traitement des situations
  • actions de prévention pour tout·e·s.

C’est un chantier impératif, de longue haleine, qui mobilise des moyens importants et l’énergie de toute notre équipe bénévole et salariée.

Dans la société et dans le secteur des musiques actuelles, nous devons collectivement faire face au fléau des violences sexistes et sexuelles.

La Bobine a été durement confrontée à celui-ci en tant que structure mais les victimes bien plus encore dans leur chair et dans leur dignité, ce qui est sans commune mesure.

Ce combat contre les violences sexistes et sexuelles et les inégalités de genres relève d’une transformation de société nécessaire et urgente. Nous réitérons notre soutien aux victimes et notre volonté d’agir par tous les moyens à notre portée.